L'Etoile flamboyante
Par A P le lundi 7 juillet 2008, 06:48 - V.I.T.R.I.O.L. - Lien permanent

A propos du chef-d’œuvre maçonnique L’Etoile flamboyante, 1766, du baron de Tschoudy, le grand Franc-maçon symboliste Oswald Wirth écrivait, en 1909, dans Le Symbolisme hermétique dans ses rapports avec la Franc-maçonnerie : « Toute la science hermétique s’y trouve condensée, en effet, dans des formules d’un laconisme suggestif. Ce que d’autres avaient dilué, noyé parfois sous un fatras de commentaires superflus, a été mis en relief avec discernement, en vue de frapper l’esprit. Or, il importe beaucoup moins en ces matières de parler ou d’écrire copieusement soi-même, que de faire penser autrui, d’obliger à réfléchir, à creuser et à découvrir mentalement ce que les mots ne sauraient révéler. »
« - Quelle est la première étude d’un Philosophe ? - C’est la recherche des opérations de la nature. (…) - D’où proviennent toutes les choses ? - De la seule et unique nature. - En combien de régions la nature est-elle divisée ? - En quatre principales. - Quelles sont-elles ? - Le sec, l’humide, le chaud, le froid, qui sont les quatre qualités élémentaires d’où toutes choses dérivent. - En quoi se change la nature ? - En mâle et femelle. - A quoi est-elle comparée ? - Au Mercure. - Quelle idée me donnerez-vous de la nature ? - Elle n’est point visible, quoiqu’elle agisse visiblement, car ce n’est qu’un esprit volatil, qui fait son office dans les corps, et qui est animé par l’esprit universel, que nous connaissons en Maçonnerie sous le respectable emblème de l’Etoile flamboyante. »
Emile Littré, le grand lexicographe et disciple d’Auguste Comte, lors de sa réception à la Clémente Amitié (Grand Orient, Orient de Paris), le 8 juillet 1875, professe, en loge, un agnosticisme positiviste et solidariste aux accents fortement panthéistes.
« Nous sommes placés dans une nébuleuse composée de millions de soleils. Le nôtre, même avec son cortège, y occupe un très petit coin. Un coin encore plus petit est tenu par la Terre qui nous porte. Sur cette Terre, à un certain moment de sa durée, la vie apparut en mille formes, toutes enchaînées (…). Au sein de cette vie, (…) l’homme vint prendre sa place aux rayons du soleil et sa part aux fruits de la terre.
Un être aussi lié à toutes sortes d’existences et assujetti à un monde organique qu’il partage avec les autres habitants de la planète n’est point un être abandonné. Seulement, les rapports qui le maintiennent et le dirigent ne se découvrent, sauf en ce qu’ils ont d’élémentaire et de spontané, qu’avec lenteur et par le travail assidu. »
Le lien de l’homme au cosmos est donc organique et symbolique. Les géomètres et architectes de l’Antiquité, puis les tailleurs de pierre des cathédrales médiévales, les Francs-maçons, enfin, n’ont cessé de l’affirmer par leurs travaux ésotériques (ésotériques, entre autres, pour éviter les bûchers de l’Inquisition). Le théosophe Rudolf Steiner a résumé en quelques lignes, dans une belle conférence, le 2 décembre 1904, cette chaîne d’union éminemment pythagoricienne.
« Si vous prenez les pyramides d’Egypte dans leurs mensurations, elles sont en rapport avec certaines mesures de la sphère céleste, avec les distances des étoiles dans le firmament. Toute la configuration du ciel a été imitée en de tels édifices. (…) Ce rythme mystérieux qui se voit dans le spectacle des étoiles, (…) les architectes des temps originels l’ont inscrit dans leurs édifices, parce qu’ils bâtissaient en s’inspirant de l’univers. (…) Le véritable Art royal (…) résulte déjà des grands symboles de l’astronomie. Ainsi vous avez une idée de ce qu’était la Franc-maçonnerie. »

