Le théorème de Pythagore
Par A P le lundi 14 juillet 2008, 22:01 - Histoire - Lien permanent
Dans un triangle rectangle plan, le carré de la longueur de
l'hypoténuse (côté opposé à l'angle droit) est égal à la somme des carrés des
longueurs des côtés de l'angle droit.
Que la propriété de Pythagore soit connue depuis l'Antiquité est un fait dont
on peut trouver trace dans l'histoire. Il suffit pour cela d'observer la corde
à treize nœuds dont se servaient les arpenteurs égyptiens . Cette corde
permettait de mesurer des distances mais aussi de construire, sans équerre, un
angle droit puisque les 13 nœuds (et les douze intervalles) permettaient de
construire un triangle dont les dimensions étaient (3 - 4 - 5), triangle qui
s'avère être rectangle. Cette corde restera un outil de géomètre pendant encore
tout le Moyen Âge.
La plus ancienne représentation de triplets pythagoriciens (triangle rectangle
dont les côtés sont entiers) se trouve sur des mégalithes (vers 2500 av. J.-C.,
Grande-Bretagne). On retrouve aussi la trace de triplets pythagoriciens sur des
tablettes babyloniennes (tablette de Plimpton 322 vers 1800 av. J.-C.) qui
prouvent que, plus de 1000 ans avant Pythagore, les géomètres connaissaient
l'existence de triplets pythagoriciens.
La première trace écrite figure dans les Éléments d'Euclide sous la
forme suivante : « Aux triangles rectangles, le carré du côté qui
soutient l'angle droit, est égal aux carrés des deux autres côtés. »
(Livre I, proposition XLVII). Avec sa réciproque : « Si le carré de
l'un des côtés d'un triangle est égal aux carrés des deux autres côtés, l'angle
soutenu par ces côtés est droit. » (Livre I, proposition XLVIII)
Cependant, les commentaires de Proclos des Éléments d'Euclide (environ 400 ap.
J.-C.) semblent indiquer qu'Euclide n'aurait fait que retranscrire une
démonstration plus ancienne que Proclos attribue à Pythagore. C'est donc entre
le VIe et le IIIe siècle av. J.-C. que l'on peut dater la démonstration de
cette propriété. On raconte que c'est à cette occasion qu'aurait été découverte
l'existence de nombre irrationnel. En effet, il est facile de construire un
triangle rectangle isocèle de côté 1. Alors le carré de l'hypoténuse vaudrait
2. Or une démonstration simple accessible du temps de Pythagore prouve qu'aucun
rationnel n'a un carré égal à 2. On raconte que cette découverte fut tenue
secrète par l'école pythagoricienne sous peine de mort.
Parallèlement à ces découvertes, il semble qu'en Chine aussi la propriété soit
connue. On retrouve trace de l'existence de ce théorème dans un des plus
anciens ouvrages mathématiques chinois le Zhoubi suanjing. Cet
ouvrage, écrit probablement durant la dynastie Han (206 av. J.-C. - 220 ap.
J.-C.), regroupe des techniques de calcul datant de la dynastie Zhou (Xe siècle
av. J.-C. - 256 av. J.-C.). Une démonstration du théorème, qui porte en Chine
le nom de théorème de Gougu (base et altitude), figure dans le Jiuzhang
suanshu (Les neuf chapitres sur l'art mathématique, 100 av. J.-C.
- 50 ap. J.-C.), démonstration qui ne ressemble en rien à celle d'Euclide et
qui prouve l'originalité de la démarche chinoise.
(Extrait de Wikipédia)


