Aujourd’hui, la confusion est à son comble. Combien d’articles de presse, de déclarations politiciennes et même de communications soi-disant savantes confondent, en effet, cosmopolitisme et multiculturalisme, que ce soit pour les promouvoir ou les dénoncer, indistinctement, en les opposant de toute façon à la laïcité républicaine instituée en France, par excellence, depuis décembre 1905 ? Et combien d’autorités cléricales et réactionnaires tentent, jusqu’à l’absurde, de faire croire qu’il manquerait à la laïcité "à la française" une dose -forcément spirituelle- de tolérance ? Leur nombre ne se compte malheureusement plus !
Et pourtant, un rapide examen historique de ces notions, qui sont aussi des faits sociaux lourds, permet de démontrer combien la tolérance humaniste et le cosmopolitisme des Lumières, principalement diffusés par la franc-maçonnerie européenne des XVIIe et XVIIIe siècles, furent les deux premiers côtés du triangle de la laïcité, laquelle fut d’ailleurs principalement instituée, dans le cadre de la République, par les francs-maçons du XIXe siècle, héritiers revendiqués de leurs anciens Frères.
De même, il suffit de relire les pages les plus fameuses de la philosophie de ces mêmes siècles, et notamment celles, célèbres entre toutes, de Kant, pour saisir combien le multiculturalisme contemporain et sa résultante communautariste sont l’antithèse régressive du cosmopolitisme, de la tolérance mutuelle et de la laïcité !
Cette note propose d’établir quelques jalons qui permettront, nous l’espérons, de clarifier un peu la question.

La note intégrale (PDF) : Cosmopolitisme