"L'Affaire Dolet", par Jean-François Lecompte : un temple pour la liberté de penser !
Par Antoine Peillon le mercredi 25 mars 2009, 17:00 - Bibliothèque - Lien permanent

Cinq centième anniversaire de la naissance d'Étienne Dolet,
1509-1546
Étienne Dolet n’a pas de tombe. Sa femme et son fils n’eurent aucun lieu
pour se recueillir et évoquer sa mémoire. Aucun marbre sec et froid ne put
recueillir leurs larmes chaudes et humides. Ses cendres furent dispersées "aux
quatre vents", dernier clin d’œil du "quatre de chiffre" des pythagoriciens de
l’AGLA.
Étienne Dolet n’a plus de statue. Les troupes allemandes, sous l’Occupation,
l’ont fondue, comme on fondait naguère des caractères typographiques. Ultime
clin d’œil d’un vieux et noble métier pour lequel il a sacrifié sa vie.
Étienne Dolet n’aura pas de timbre commémoratif. La Poste a préféré célébrer en
2009 la mémoire de Calvin, l’homme qui fit dénoncer Servet à l’Inquisition et
qui faisait brûler vif un hérétique par semaine, quand il était au pouvoir, à
Genève. Terrible clin d’œil d’une République qui considère comme superflu le
travail sur l’histoire de ses valeurs et le devoir de mémoire de ses
citoyens.
Le tombeau d’Étienne Dolet existe pourtant. Il est éparpillé dans le cœur des
hommes de bonne volonté, ceux qui se souviennent, qui espèrent et qui veulent
encore tenir éveillée la Liberté, pour éviter qu’elle ne s’endorme.
Que ce livre soit une petite pierre pour bâtir à Étienne Dolet le grand et
digne tombeau qu’il mérite. Que mon petit-fils Pierre, à qui je le dédie, soit
à son tour un grain de sable qui viendra perturber les engrenages de
l’oubli.
Jean-François Lecompte
A Paris, le jour de l’équinoxe de printemps, où commence l’an 6009 de
la vraie lumière.

Etienne Dolet, poète, imprimeur, éditeur, libraire : Martyr de
la liberté de pensée au XVIe siècle.
(Souscription privilégiée jusqu'au 30 avril 2009)
À l'occasion du cinq centième anniversaire de la naissance d'Étienne Dolet,
1509-1546, les éditions Édite
proposent une sélection de textes rendant hommage à ce grand personnage.
Est-il besoin de présenter Étienne Dolet ? Humaniste de renom, père du
syndicalisme étudiant, poète, imprimeur, éditeur et libraire à Lyon, il eut
l'audace de publier au XVIe siècle les œuvres d'auteurs maudits : François
Rabelais et Clément Marot. Sa curiosité et son ouverture d'esprit lui coûtèrent
la vie. Arrêté à la demande de l'Inquisition, il fut exécuté et brûlé à Paris
sur la place Maubert, en août 1546, avec ses livres, le jour de son 37e
anniversaire. Dolet est un authentique martyr de la liberté, dans un siècle où
l'obscurantisme régnait en maître, où l'hérésie luthérienne et calviniste se
développait à une vitesse inquiétante, où l'imprimerie propageait les idées
nouvelles qui permettraient bientôt de passer du monde de la Renaissance au
monde moderne.
Sa vie est une succession d’aventures rocambolesques, où l’on découvre qu’il
fut l’instigateur du syndicalisme étudiant, un chef d’entreprise
« éclairé » et soucieux du bonheur de ses salariés, un homme pétri de
culture et ouvert à tous les talents de son temps, un homme amoureux et un père
de famille. Il fut longtemps protégé par François Ier et de hauts dignitaires
du royaume. Mais un jour l’Inquisition, qui le guettait, eut raison de ses
appuis et le fit condamner, puis brûler à la hâte le lendemain même du verdict.
C’était le jour de son 37ème anniversaire, il y a 463 ans.

L'Affaire Dolet comprend :
Une synthèse récapitulative inédite de sa vie aux tribulations multiples: elle
développe l'œuvre de Dolet dans le contexte d'une époque troublée où naquit le
besoin d'une pensée libre ;
Le texte intégral de la biographie due à "un bibliophile anonyme" parue en
1779, contenant le Répertoire des professionnels du livre en France (à
la fois auteurs, éditeurs, imprimeurs et libraires), du XVIe au XVIIIe siècle
;
Le texte intégral de son Second Enfer où Dolet plaide son innocence
auprès de ses soutiens les plus prestigieux ;
Le texte du Cantique où il raconte depuis sa prison les déboires qui
lui sont advenus ;
La traduction par Dolet d'un dialogue attribué à Platon, traitant de
l'immortalité de l'âme.
L'ouvrage (format 16,5 x 24 cm, 272 pages) comprend 150 illustrations, dont
plus de 80 marques typographiques d'imprimeurs et de libraires.
