Déjà, en attendant de passer dans l’autre monde, du profane au sacré, il y a cette attente. Seul, pour combien de temps ?, dans un non-lieu où rien ne retient l’attention ; seul, donc, les yeux mi-fermés mi-ouverts, perdant, peu à peu, mon regard dans la forêt des songes ; seul, donc, l’ouïe anesthésiée par la rumeur lointaine, de plus en plus vague, de la vie, m’installant dans la douceur, la plénitude, la chaleur du silence ; seul, donc, me sentant enfin, très vite, à l’affût, n’ayant plus aucun besoin de sortir le livre fétiche de mon sac, de relire encore une fois cette fable cartésienne merveilleuse des « voyageurs qui, se trouvant égarés en quelque forêt, ne doivent pas errer en tournoyant… ».

LE TEXTE INTEGRAL : L'INITIATION